Marion Oster

Elle nait au Niger et vit dans de nombreux pays d’Afrique avant de créer l’espace culturel Lucrèce à Paris, dans les années 1990. Il est évident que la diversité apparente des chemins abordés par Marion est de nature à déconcerter le besoin de cohérence de l’amateur conditionné par le discours ambiant et s’en remettant aux stéréotypes posés par les ordonnateurs de convenances. Toutes choses bien étrangères au langage de cette créatrice naturellement insensible aux recommandations de haut niveau qui entendent maîtriser les élans susceptibles de créer un certain désordre dans l’ordre se voulant à tous égards établi. Elle n’a que faire de ces prescriptions inscrites à l’envers dans le fonctionnement de la société contemporaine, en fonction de ses particularités à travers les siècles (Gérard Sendrey – Musée de la création franche, à Bègles). Marion Oster propose ex-votos, poupons tatoués, vierges pailletées et autres assemblages aux réminiscences spirituelles païennes. Elle dirige aujourd’hui la galerie Le Cœur au ventre à Lyon, berceau d’une collection personnelle fabuleuse faisant preuve d’un flair indéniable pour les propositions plastiques hors-normes. Elle a été artiste en résidence à La Galerie des Nanas à l’été 2014.

Evelyne Postic

Pour s’évader, rompre avec la routine et les soucis, Evelyne Postic marque le papier compulsivement. D’abord amateur, elle deviendra vite une professionnelle. Son travail est exposé dans les galeries lyonnaises Dettinger-Mayer et Le Cœur au Ventre, à la galerie Polysémie à Marseille, à La Galerie des Nanas au Québec, à la galerie Conil à Tanger, à la Outsider Art Fair à New-York, à Amsterdam, à Bruxelles ou encore à Gênes. Son travail hybride, entre la planche scientifique, le vaudou, le tatouage tribal et la dentelle bretonne a trouvé son souffle et son sens. De la cellule au corps humain, du végétal à l’animal, tout est représenté ensemble, assemblé, relié, juxtaposé dans un même milieu plus ou moins protégé. Et pourtant, le spectacle du vivant a des aspects inquiétants. Incomprise, la machinerie du vivant peut devenir absurde, irréaliste, suspecte. Alors, la bulle du microscope qui enferme toute la création se glace d’effroi ! Mais quand le dessin d’Evelyne Postic devient totem, que le grand sage parvient à se hisser au-dessus du grand métabolisme pour dialoguer enfin avec l’autre invisible, le mystère de la vie, sans se dissiper, s’apprivoise en toute sérénité. (Catherine Conil, Galerie Conil, Tanger, Maroc)