Emily Beer

Née à Paris, Emily Beer (prononcer « bear » comme l’ours), crochète et brode sur ses genoux, partout, devant la télé, en voiture… et en atelier. Costumière professionnelle pour le cinéma, sa démarche en arts visuels propose un travail d’aiguille libéré des contraintes, coloré et chargé d’émotion. Les titres qu’elle donne à ses œuvres véhiculent une douce contestation. L’un de ses sujets de prédilection est le corps humain et les organes internes : elle réalise notamment des cœurs tridimensionnels d’un grand raffinement. Son travail est d’abord remarqué au Japon où sa minutie plaît. Présente à la Biennale Hors-Normes de Lyon en 2015, elle comprend que son approche intuitive et ses sujets sont les mêmes que ceux des femmes singulières qui y ont une présence significative : Catherine Ursin, Martine Birobent, Marie-Rose Lortet, Caroline Dahyot, Béatrice Elso, Darédo, Sophie Herniou. Elle crée des liens d’amitié avec elles, avec Olivier Blot ou Jean-Michel Chesné, des artistes à la démarche à la fois gratuite, volontaire et extrêmement rigoureuse. Elle a été artiste en résidence à La Galerie des Nanas à l’été 2017.

Martine Birobent

Martine était d’abord une sculpteure qui travaillait la matière (…), elle voulait garder l’emprise sur son corps jusqu’à la fin. On avait affaire à une artiste dont la vie tenait uniquement à sa capacité de créer. À partir du moment où elle n’en était plus capable, elle n’était plus dans la vie (Jean-Robert Bisaillon, cité par Yvan Provencher, La Tribune de Sherbrooke, avril 2016). Née à Mont-de-Marsan en France en 1955 et décédée à 60 ans à Asbestos au Québec, Martine Birobent a eu recours à l’aide médicale à mourir. Personnalité rieuse et enthousiaste, capable de mobiliser et d’émouvoir facilement, elle parvenait à transcender un passé difficile, qui constituait le principal moteur de son travail. C’était une touche-à-tout passant de la peinture à la résine, de la fibre de verre au bois, des objets glanés au tricot et au crochet, aux assemblages de poupées cassées, porteuses d’un narratif puissant. Elle aimait « jouer » comme jouent les musiciens, improviser, laisser s’exprimer son « sus-conscient ». Tous les jours, elle investissait les recoins de son atelier et créait de nouvelles œuvres avec passion, toujours guidée par le besoin de dénoncer la censure, la famille, les violences faites aux femmes, aux hommes ou aux enfants, la bêtise et le manque de légèreté. Son travail crève de sens, sa mémoire est vitale. En 2011, elle fonde La Galerie des Nanas pour pouvoir montrer son travail qui dérange alors, et qui dérange encore.

Catalogue en ligne : http://www.martinebirobent.com/
Site officiel : http://www.birobent.com/