Guy Bailey

Diplômé de l’École des Beaux-arts de Montréal en 1967, Guy Bailey expose dès 1973 ses peintures naïves au Musée du Québec. Ces œuvres, qui illustrent le Québec rural, ont été montrées tant au Canada qu’en Europe. À compter des années 80, il effectue un virage majeur dans sa pratique. Se débarrassant d’un style et d’un certain académisme, il peint alors de façon instinctive et avec virulence des œuvres expressives, voire angoissantes, résultat de l’exaltation de cet affranchissement. Ses sculptures et ses tableaux coups de poing, aux titres ironiques ou amusants, sont construits de matériaux inusités et de couleurs saturées, de gestes brusques et primitifs. À travers ces cris du cœur et de l’âme, ces éraflures et ces déchirures, pointent le bonheur inaltéré et le besoin viscéral de créer.

Béatrice Elso

Béatrice Elso est originaire des Pyrénées, dans le Pays Basque français. Son travail est imprégné par le mystère surréaliste de ces lieux. Depuis ses premiers travaux, des œuvres sur papier à l’encre noire, elle a introduit le découpage papier, la couleur et le volume. Ses petits bas-reliefs d’une facture totalement inédite et ses magnifiques boîtes tridimensionnelles attirent de plus en plus le regard des galeristes et des collectionneurs. Singulière et autodidacte au travail inimitable, elle a fréquenté les ateliers de l’Art Cru de Bordeaux. Au cours des deux dernières années, elle a exposé au Festival Courants d’Arts, à Gentilly, ainsi qu’à la galerie Larage et à la galerie Dettinger-Mayer, toutes deux situées à Lyon. Le travail de Béatrice Elso est d’une rare qualité et sa démarche d’une légitimité incontestable. Elle fait partie de ces artistes qui se démarquent au sein d’une grande famille parfois difficile à appréhender, les arts hors-normes.

Daniel Erban

Né en Israël en 1951, Daniel Erban arrive tout jeune au Canada et amorce son travail artistique dès le début des années 70. Servi par un geste net et incisif, une touche brutale et directe, ses œuvres dépeignent la misère et le mal de notre monde contemporain. En se servant de la laideur, son arme de prédilection, il bouscule le spectateur et l’oblige à réagir et à prendre position. Cet univers intemporel et cauchemardesque, instinctuel et primitif, débordant de violence et de sexualité, évoque sans compromission le côté sombre de notre histoire et de notre inconscient. Bien que professeur de mathématiques pendant plus de 30 ans, sa pratique artistique a occupé une place majeure tout au long son existence. Décédé en janvier 2017 des suites d’une longue maladie, Daniel Erban nous a laissé une œuvre brute, crue et vraie, véritable témoignage brûlant d’humanité.

Evelyne Postic

Pour s’évader, rompre avec la routine et les soucis, Evelyne Postic marque le papier compulsivement. D’abord amateur, elle deviendra vite une professionnelle. Son travail est exposé dans les galeries lyonnaises Dettinger-Mayer et Le Cœur au Ventre, à la galerie Polysémie à Marseille, à La Galerie des Nanas au Québec, à la galerie Conil à Tanger, à la Outsider Art Fair à New-York, à Amsterdam, à Bruxelles ou encore à Gênes. Son travail hybride, entre la planche scientifique, le vaudou, le tatouage tribal et la dentelle bretonne a trouvé son souffle et son sens. De la cellule au corps humain, du végétal à l’animal, tout est représenté ensemble, assemblé, relié, juxtaposé dans un même milieu plus ou moins protégé. Et pourtant, le spectacle du vivant a des aspects inquiétants. Incomprise, la machinerie du vivant peut devenir absurde, irréaliste, suspecte. Alors, la bulle du microscope qui enferme toute la création se glace d’effroi ! Mais quand le dessin d’Evelyne Postic devient totem, que le grand sage parvient à se hisser au-dessus du grand métabolisme pour dialoguer enfin avec l’autre invisible, le mystère de la vie, sans se dissiper, s’apprivoise en toute sérénité. (Catherine Conil, Galerie Conil, Tanger, Maroc)